Success story

Terrena


13 août 2020

Terrena est une coopérative agricole polyvalente basée en Loire-Atlantique. Elle est composée de 21 500 exploitations agricoles et est présente, à travers des outils de transformation, dans toutes les filières, la viande, la volaille et le végétal. Parmi ses marques les plus connues on trouve Père Dodu, La Nouvelle Agriculture®, Val Nantais ou Tendre&Plus. Le groupe réalise 4,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie 14 000 salariés. En 2017, Terrena a créé « La Nouvelle Agriculture® ». Il s’agit à la fois d’une marque et d’un accompagnement global des agriculteurs qui souhaitent transformer leurs pratiques, limiter le recours aux produits chimiques et améliorer le bien-être animal.

Résumé

Le confinement lié à la crise du Covid-19 a été une période très intense pour Terrena. Certaines activités ont dû augmenter la cadence, d’autres au contraire ont beaucoup souffert. Grâce à l’engagement et à la flexibilité des salariés, le groupe a traversé cette crise. Terrena a également connu une vraie révolution : celle du télétravail. Aujourd’hui, la direction comme les salariés sont convaincus de ses atouts. L’entreprise a décidé de s’adapter et elle va faire évoluer son management vers plus de télétravail.

À la fin du confinement, Terrena a envoyé un questionnaire à ses salariés pour leur demander leur avis sur la gestion de cette période et plus particulièrement sur le télétravail. Sur 1400 salariés concernés, plus de 1 200 ont répondu. C’est énorme. D’habitude, il y a un taux de réponse autour de 20-25%. C’est le signe qu’il y a une très forte attente sur l’après. Tout le monde s’est senti concerné. Et surtout, personne n’imagine que tout va redevenir comme avant, avec le même système de réunions où il faut être présent physiquement.

Vrai ou faux ?

80% des salariés mis en télétravail se disent satisfaits de leur sort.

Question 1/2
Comment le groupe Terrena a-t-il vécu la crise du Covid-19 ?
Philippe Grié, DRH de Terrena : On a eu des situations très contrastées. Les produits vendus dans la grande distribution ont connu un pic. Les gens ont stocké, notamment de la volaille et de la viande rouge. L’activité a été très intense et nous avons tourné à plein régime. Il a fallu s’adapter, avec trois objectifs : préserver la santé des salariés, préserver l’activité et participer à l’effort collectif. On a vu beaucoup d’engagement dans le groupe. De nombreux salariés ont accepté de faire des heures supplémentaires. À l’inverse, d’autres activités ont beaucoup souffert. C’est le cas des filières horticoles et viticoles par exemple et de toute l’activité tournée vers la restauration collective ou professionnelle. Mais à l’arrivée, on s’en sort plutôt bien par rapport à d’autres secteurs.
Qu’avez-vous mis en place pour vous adapter à l’urgence ?
Philippe Grié : LA nouveauté pour tout le monde, c’est le télétravail. 1400 personnes ont télétravaillé, certains en partie, d’autres à 100%. Et je dois dire que nous avons tous été surpris. Les salariés eux-mêmes d’abord. L’adaptation a été ultra rapide même pour ceux qui avaient des réticences liées à des craintes techniques. Tout le monde s’est très vite approprié les outils. Et finalement, les gens sont moins dérangés par les collègues et le rythme était plus soutenu. À la direction de Terrena, nous constatons que cela fonctionne. C’est dur de se débarrasser d’une culture du présentiel. On y a été contraint par la force des choses et les inquiétudes qu’on pouvait avoir avant le confinement ont disparu. C’est un vrai bouleversement. On « fait un teams » a remplacé « on fait une réunion ». Une chose est sûre, vous ne ferez plus faire 200 kilomètres à quelqu’un pour faire une réunion d’1h30 !
Y a-t-il eu une accélération vers de bons changements pérennes ?
Philippe Grié : Je dirais plutôt que nos choix et notre stratégie sont confortés. Depuis des années, nous pensons que nous devons avoir une agriculture forte, proche et capable de se remettre en question. Dans leurs actes d’achats, les consommateurs montrent qu’ils ont envie de naturel et de sain. Nous avons entamé un mouvement en ce sens et nous allons l’accélérer. Après huit années d’expérimentation et de développement, nous avons lancé « La Nouvelle Agriculture® », une marque de volaille, de viande rouge, de farine et d’épinards. Les « Nouveaux Agriculteurs » s’engagent à produire dans le respect de la nature, du bien-être animal et de la santé humaine. Par ailleurs, comme nous sommes une coopérative polyvalente, notre production est locale, située dans l’ouest de la France. L’idée d’avoir une agriculture française forte est un sujet de société intéressant et nous y réfléchissons au quotidien chez Terrena. Quelle est l’alimentation qu’on veut avoir demain ? Comment réintègre-t-on une agriculture française dans nos activités ? Quelles doivent-être nos nouvelles pratiques culturales ? Tout ne pourra pas redevenir comme avant. La période qui s’ouvre va être passionnante et pleine d’opportunités. Il y a plein de choses à faire !
Que souhaitez-vous pour l’avenir ?
Philippe Grié : Je souhaite que le regard sur l’agriculture change. On s’aperçoit qu’avoir une agriculture forte est un avantage. Mais il faut que chacun accepte d’en payer le prix. Il faut par exemple accepter d’avoir une ferme à côté de chez soi. En France, on aime bien les agriculteurs mais on n’aime pas l’agriculture. J’espère que cela va changer.