Success story

En Provence, Le Roy René se mobilise pour relancer la filière amande


12 mars 2020

Interview croisée d’Alexis Bertucat, responsable RSE du Roy René et André Pinatel, agriculteur et président du syndicat de l’amande de Provence. Acheter des amandes localement, en Provence, c’est aujourd’hui l’unes des priorités du producteur de calissons Le Roy René. Avec d’autres industriels, le groupe a décidé d’aider les agriculteurs à replanter des amandiers dans cette région qui fut autrefois le berceau mondial de l’amande.

Replanter des amandiers en Provence : qui a lancé cette initiative ?
Alexis Bertucat : En 2014, le Roy René a été racheté par Olivier Baussan, le fondateur de L’Occitane. La première chose qu’il nous a demandée de faire, c’est de travailler sur la structuration de la filière amande. Nous avons mis autour de la table les confiseurs et les producteurs de la région et nous avons créé l’interprofession France Amande. Les agriculteurs, qui produisent notamment de l’olive, étaient motivés à l’idée de pouvoir se diversifier, mais ils avaient besoin de garanties sur le prix d’achat.
André Pinatel : Cela faisait 10 ou 15 ans qu’avec d’autres agriculteurs de la région nous réfléchissions à un plan de relance de l’amande. Mais pour que ça marche il fallait que les calissoniers jouent le jeu et acceptent de payer un peu plus cher que le cours mondial. Avec le Roy René et d’autres entreprises comme L’Occitane, nous nous sommes mis d’accord sur un prix plancher qui garantit aux agriculteurs d’être rentable. C’est intéressant aussi pour eux, ça leur permet de mettre en avant la mention « amande de Provence ».
Où en est-on en 2020 ?
AB : Notre premier objectif était de planter 500 hectares d’amandiers et il est déjà dépassé. Avec 200 hectares plantés chaque année depuis 2017, nous en sommes à 600 hectares. Lors de la campagne d’achat 2019 du Roy René, nous avons pu multiplier par trois notre approvisionnement local. C’est une vraie réussite aussi du point de vue humain : les agriculteurs sont devenus des partenaires, on connaît leur famille et leurs parcelles.
AP : On est dans les clous de notre feuille de route. C’est une satisfaction de voir que nous valorisons notre territoire provençal. Notre initiative est d’ailleurs regardée par les régions voisines. Nous avons des demandes de l’Occitanie et de l’Aquitaine qui veulent aussi relancer leur filière amande.
« Cela faisait 10 ou 15 ans qu’avec d’autres agriculteurs de la région nous réfléchissions à un plan de relance de l’amande. »
Quels sont les objectifs ?
AB : Le Roy René achète 200 tonnes d’amandes par an et nous allons continuer à augmenter notre approvisionnement local pour pouvoir proposer plus de calissons à l’amande de Provence. Pour le reste, nous continuerons à acheter en Méditerranée, principalement en Espagne.
AP : Attention, il ne faut pas rêver non plus ! La production d’amandes est d’environ 1 tonne par hectare. Donc, dans une dizaine d’années, quand on sera à 1500 hectares plantés, on produira 1500 tonnes d’amandes. Et en France, la consommation totale est de 30 000 tonnes d’amandes par an !
Vrai ou faux ?

Le calisson, c’est 100% de produits naturels

Question 1/1
Points clés
L’humain au centre de la démarche responsable du Roy René

Le bien-être au travail est au cœur des préoccupations : le Roy René a renforcé la sécurité et l’ergonomie des postes, facilité la pratique d’activités sportives au sein de l’entreprise et favorisé le télétravail.

Le respect des personnes et de la parité hommes femmes est une priorité. Le Roy René attache une grande importance à l’intégration des nouveaux collaborateurs et au développement des ressources humaines pour accompagner la croissance et permettre à chacun d’exprimer ses aspirations professionnelles.

Apprentissage et transmission d’un savoir-faire : l’entreprise a obtenu le label EPV en 2012 (renouvelé en 2017) pour sa capacité à transmettre son savoir-faire de génération en génération et, chaque année, le Roy René forme plusieurs apprentis.

Avis d’expert


L’entreprise mise clairement sur le local, un des points fort de la RSE qui soutient la valorisation du territoire d’une entreprise. Le tissu local, renforcé par des emplois pérennes dans divers secteurs (agriculture, distribution) crée un appel pour l’implantation de services. Autre avantage, une image de marque renforcée sur un terroir, la Provence, qui jouit d’une immense cote de popularité à l’international.