Métier

Connaissez-vous les coproduits ?


6 mai 2020

Rien ne se perd, tout se transforme. Vous avez déjà entendu cette expression quelque part ? Elle a aussi un sens dans l’agroalimentaire et ses métiers. On vous explique le principe des coproduits.

Un coproduit, c’est quoi ?

Petite mise en situation – Dans une usine agroalimentaire, quand on fabrique un aliment, on part de matières premières (blé, pommes, choux-fleurs, cacahuètes...). On les décortique. On les épluche. On les coupe. On les cuit. On les presse. À la fin, il reste des écorces, des épluchures, des pépins, du jus, des feuilles.
À l’échelle d’une usine, on parle de plusieurs tonnes. Tout un tas d’éléments qui ne servent pas à la fabrication du produit initial, mais que l’on peut utiliser par ailleurs pour cuisiner des coproduits.
Des quoi ? Ce sont notamment des ingrédients pour nourrir des animaux d’élevage ou domestiques. Ils sont utiles aussi dans la composition de cosmétiques.

Comment on fabrique des coproduits ?

En France, les éléments de base les plus utilisés les élaborer sont les oléagineux (tournesol, colza, arachide, noix), les betteraves sucrières, les blés. Ces matières pèsent 50 % des fabrications de coproduits. Le reste vient des fabricants de farine, des distilleries, des transformateurs de viande, des entreprises du lait, des vignerons, des brasseurs. Toute la filière agroalimentaire en génère.

Familles de coproduits alimentaires

Pour les connaître, on va parcourir quelques terroirs et leurs spécialités alimentaire. On commence par des régions de vigne. Avec du raisin, on fait couramment du vin. On sait le moins mais on fait aussi d’autres boissons en parallèle.
Une fois leur jus sorti du pressoir, on récupère les enveloppes des grains. Elles vont devenir du moût. À partir de là, en Champagne ou en Bourgogne, entre autres, on les distille avec de l’eau de vie. On respecte un savoir-faire bien particulier. On laisse reposer pendant plusieurs mois dans des cuves. Et on obtient ainsi un apéritif appelé Ratafia, prêt à déguster.

Les coproduits de la bière

Des vignobles, on passe au monde brassicole. On s’envole vers l’Alsace. Là-bas, les brasseries et les malteries font voir le jour à d’autres types de coproduits. Petits blés, radicelle, orgettes, drèche… Derrière ces noms très techniques, se cachent en réalité de délicieux ingrédients pour les repas des animaux. Il est question d’enveloppes des céréales, récupérées pendant la fabrication du malt. En effet, elles se forment lors du maltage, la phase ou les grains de blé ou d’orge sont broyés, torréfiés avant d’être brassés.
Ces enveloppes vont alors être utilisées en grande proportion par des entreprises industrielles. Ceci étant, des élevages proches des usines vont en récupérer une partie pour l’intégrer au régime alimentaire des vaches, des moutons, des poules...

Les coproduits du cidre

On continue notre balade. On va, à présent se poser en Normandie. Ce département est bien connu pour ses fromages et ses pommes aussi. Dans ce territoire, on compte le plus grand nombre de vergers. Des pommiers au cidre, il n’y a qu’un pas et un coup de pressoir. Ici aussi une fabrication parallèle existe, grâce à la récupération des épluchures, les pulpes ou encore les pépins. Le tout devient du marc. Une fois déshydraté, il rejoint des élevages. Les animaux en raffolent et pour cause, il est très riche en potassium, en phosphore et en calcium.

Les coproduits de l’énergie

Si les coproduits sont souvent des aliments, d’autres débouchés existent. Les matières organiques récupérées à l’issue des transformations agroalimentaires servent aussi dans le secteur des énergies renouvelables. Avec des épluchures par exemple, on peut produire du gaz vert (aka bio gaz). Comment ? En les laissant fermenter dans une installation spéciale. En plusieurs jours, le tout se dégrade, du gaz est récupéré et rejoint le réseau de distribution. Trop bon, Les agriculteurs y contribuent puisqu’il est composé à 90% de matières agricoles.

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